Moby Dick – Herman Melville

Hola,

Je vous retrouve aujourd’hui pour vous parler d’une claque littéraire, mais, une claque spéciale car en demie-teinte. Quel est donc l’objet de cette torture intellectuelle qui m’a trituré l’esprit pendant près de trois semaines ? Moby Dick bien sûr !

Moby Dick de quoi ça parle ? D’une baleine me direz-vous, mais en réalité c’est un cachalot. On va suivre Ismael qui décide de partir sur un baleinier pour découvrir la chasse à la baleine. Il va séjourner dans une auberge où il va rencontrer Queequeg, un cannibale avec lequel il va lier une relation d’amitié. Il va partir sur un baleinier, le Péquod dirigé par le fameux Capitaine Achab qui n’a qu’une idée en tête, tuer le cachalot qui l’a estropié.

Je découperais ce roman ou plutôt ce monstre littéraire en deux parties. D’une part la partie narrative séparée en deux, une au début et une à la fin. D’autre part une partie beaucoup plus encyclopédique et scientifique au milieu, qui toutefois reste parsemée d’éléments narratifs.

Lorsque j’ai commencé le livre j’ai très vite été plongé dans l’histoire, la présentation des personnages, le baleinier et le début du voyage en mer. Mais d’un coup, ce n’est plus un roman qui nous est présenté mais une véritable encyclopédie des cétacés réalisée par Herman Melville.

Aparté biographique :

Après quelques recherches biographiques on découvre que l’auteur a été mousson à bord d’un navire marchand avant de s’engager sur un baleinier, on peut donc conclure qu’il raconte cette histoire à partir de son expérience.

Ainsi, cette encyclopédie acquiert un nouvel aspect, une forme de journal de bord avec toutes les réflexion, découvertes et recherches sur les baleines et autres cétacés d’une part et sur l’organisation interne et hiérarchique du navire. Avec du recul, cette partie m’apparait moins ennuyante. Elle possède même un certain charme dû à l’époque d’écriture, soit les années 1840. La précision scientifique des descriptions est phénoménale pour l’époque.

( fin de l’aparté )

J’ai donc modifié mon jugement sur cette partie qui au départ, je dois bien l’avouer, ne m’a pas du tout emballée.

En ce qui concerne la partie narrative, que dire, c’est magique. On découvre la folie vengeresse d’un homme blessé extérieurement certes mais surtout intérieurement qui est prêt à sacrifier tout son équipage. L’action est parfaitement agrémentée de la plume d’Herman Melville qui ne fait pas dans la dentelle, quand Moby Dick attaque, on perçoit la violence, la colère, la rage même, la peur de l’équipage et la frénésie qui englobe le tout. C’est une forme de cacophonie parfaitement adaptée à la situation.

Au niveau des personnages, je me suis beaucoup attaché à la personnalité pensive de Ismael, au cannibale. Mais le personnage qui m’a le plus touché, c’est le capitaine Achab. Il est certes monstrueux et détestable, mais pour lui Moby Dick lui a tout pris, surtout sa dignité. Il se sent inférieur, il ne peut plus chasser la baleine comme il avait l’habitude de le faire. Il est intérieurement détruit. Mais quel courage en cet homme ! Il ne recule devant rien et encore moins un monstre marin, il le chasse à travers les océans, on traverse avec lui les Océans Pacifique, Atlantique et Indien à la recherche du cachalot. Il va se battre de manière magistral contre un monstre de plusieurs tonnes et mètres de long. Et pour ça je dois avouer qu’il m’a boulversé. Il sombre petit à petit dans une folie furieuse et se met à dos son équipage dont il sait se faire craindre. Sa seule raison de vivre mais aussi de mourir est de tuer Moby Dick.

J’ai enfin été marqué par l’omniprésence de la Mort dans ce roman. Entre les réflexions autour de ce sujet et les morts concrètes et réelles, il est impossible de ne pas réaliser les conditions de vie et de travail des baleiniers. La violence de la mort est perturbante que ce soit pour les personnages ou les baleines, les descriptions de la chasse aux baleines ne laisse pas de marbre. C’est un univers de brutalité, de soudaineté aussi où la Mort attendant sagement une occasion de frapper.

Alors maintenant pourquoi un coup de coeur ? Et bien parce que ce livre reste gravé dans mon esprit, il me faisait peur mais m’attirait en même temps, et quelle fierté de l’avoir lu en entier, sans en sauter une page. Une fois terminé c’est comme un vide qui s’installe. Après avoir passé trois semaines sur le Péquod je me retrouvait face à la réalité. Je pense qu’un livre qui marque à ce point doit forcément être un coup de coeur sinon quoi ? Le seul autre roman qui m’ait fait un tel effet n’est autre que Le Rouge et le Noir de Stendhal.

Maintenant, plus qu’à m’en procurer une copie papier en VO afin de l’installer en encre et en papier dans ma bibliothèque où il a entièrement mérité sa place. Car oui, je l’ai lu sur liseuse et oui oui il est gratuit car tombé dans le domaine public.

Il n’y a aucune excuse acceptable pour ne pas le lire un jour, c’est un monument et maintenant je sais pourquoi et j’en suis fière.

Je vous souhaite, sur ce, d’excellentes lectures avant un prochain article.

 » La mort n’est qu’un saut dans une région impénétrée, elle n’est que la salutation première à l’éventualité de l’immensité lointaine, désertique, liquide, sans rivages. »

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